Quand avez-vous entendu parlé du dispositif du Portage Salarial ?
J’ai entendu parlé du Portage Salarial en 1994 à travers un article de presse.
Depuis quand des réunions d’information sur ce dispositif sont-elles organisées ?
Dès 1994, année de l’ouverture de notre association. J’ai voulu immédiatement faire profité notre public de cadres en recherche d’emploi de cette solution. Cela répondait déjà à des problématiques d’emploi d’experts en rupture malgré eux avec le sacro-saint CDI. Ils pouvaient grâce au portage retrouver une activité. Ces cadres avaient envie de mettre à la disposition des entreprises leur expertise et leur savoir-faire mais ne savaient pas ni par quel biais ni sous quelle forme. Ce qui intéressait déjà ces cadres, c’était de pouvoir conserver leur statut salarié.
A AVEC, quels types d’accompagnement proposez-vous à vos cadres ?
Nous avons toujours proposé un accompagnement individualisé qui avec le temps est devenu un accompagnement très personnalisé. Notre principal outil reste l’entretien de face à face, moment privilégié d’écoute pour appréhender chaque situation et pour diagnostiquer le positionnement du candidat. Nous sommes également un lieu d’échange où des réunions d’information sur des thèmes généraux, par exemple « Chômage et droits », sont organisées. Quant aux réunions thématiques que nous appelons « Rencontres », elles sont animées par des intervenants de l’entreprise. Ils viennent présenter leur activité et leurs besoins. Les services d’AVEC s’inscrivent résolument dans une stratégie de dynamisation de la personne. Les cadres recherchent à travers notre structure des pistes d’actions, des maillages. Nous voulons que tous les acteurs de l’emploi se rencontrent le plus souvent possible.
Après plus de 12 ans d’expérience au sein de l’association, quel constat pouvez-vous faire sur l’évolution de la recherche d’emploi des cadres ?
La recherche d’emploi des cadres s’est véritablement professionnalisée. De nombreuses associations ont vu le jour et répondent à un réel besoin de terrain. Nous sommes tant complémentaires des institutions telles l’Apec et l’Anpe que des relais de proximité. La recherche d’emploi, outre sa structuration, demande une connaissance fine d’un marché en constance évolution. Nous constatons l’isolement de ces cadres en rupture. Internet ne favorise pas le contact d’où la nécessité de structures comme Avec. Des structures ouvertes d’aide et de soutien, qui peuvent servir de levier en assurant un lien social indispensable. Mais par rapport à une dizaine d’années, les cadres osent aujourd’hui franchir les portes des espaces cadres, des associations. Se remettre en selle rapidement en étant pro-acteur de sa recherche, ils l’ont bien compris et l’appliquent. Pour preuve, près de 60 cadres inscrits dans notre association nous ont signalé une reprise d’activité en CDI ou CDD de plus de 6 mois en 2005.
Quel regard portez-vous sur le plan national de l’emploi des seniors présenté par Dominique De Villepin ?
Il est dommage que beaucoup d’entreprises ne prennent pas conscience du relais qui doit être fait entre les jeunes nouvellement arrivés sur le marché du travail et les seniors. Le départ de ces cadres est toujours sec. Il n’y a pas de réel transfert de compétences. A quand le parrainage et les départs plus souples? Concernant les contrats de seniors, je ne vois pas beaucoup d’avenir. Ce sont des contrats précaires supplémentaire malheureusement, les jeunes et les seniors sont dans le même cas. Mais il existe aujourd’hui de nouvelles formes d’emploi comme le portage salarial qui débloque bon nombre de situations, notamment pour les cadres de plus de 45 ans!


