Le gouvernement envisage une modification du dispositif des tickets restaurant, qui pourrait entrer en application dès l’été 2025. Cette réforme vise à mieux encadrer leur utilisation en introduisant un double plafond, distinguant les montants autorisés pour les frais de repas et ceux destinés aux achats en supermarché. Cette évolution cherche à préserver l’équilibre entre le soutien aux restaurateurs et les besoins des salariés qui utilisent ces titres pour leurs courses.

Une transformation motivée par l’évolution des pratiques
Initialement conçus pour financer les repas des travailleurs dans les restaurants, les tickets restaurant ont progressivement été détournés de leur usage premier. Avec l’essor du télétravail et la hausse des prix des produits alimentaires, de nombreux bénéficiaires les utilisent pour leurs achats en grande surface plutôt que pour déjeuner à l’extérieur. Cette tendance inquiète les restaurateurs, qui voient leur clientèle diminuer au fil des années.
Une nouvelle répartition des plafonds d’utilisation
Pour remédier à cette situation, le projet gouvernemental prévoit d’instaurer deux seuils distincts. Un montant plus élevé serait alloué aux repas pris au restaurant, tandis qu’un plafond plus bas limiterait leur usage en supermarché.
Cette mesure a pour ambition de rediriger une partie des dépenses vers la restauration et de limiter la concurrence des grandes surfaces, tout en maintenant la possibilité pour les salariés d’utiliser ces titres pour leurs courses alimentaires.
Une baisse des frais pour les restaurateurs
Parallèlement à cette modification des plafonds, une autre piste est explorée : la réduction des frais appliqués par les sociétés émettrices des titres restaurant. Actuellement compris entre 5 et 8 %, ces prélèvements sont jugés excessifs par de nombreux professionnels de la restauration, qui y voient un frein à leur adoption.
En abaissant ces commissions, le gouvernement espère inciter davantage d’établissements à accepter ces titres et ainsi dynamiser le secteur.
Vers une extension des jours d’utilisation ?
Une autre évolution pourrait concerner les jours d’utilisation des tickets restaurant. Actuellement, leur usage est restreint aux jours ouvrés, sauf pour les salariés travaillant les dimanches et jours fériés.
Le projet en discussion envisage d’ouvrir cette possibilité à tous, en accord avec les mutations du monde du travail, où la flexibilité et le télétravail modifient les habitudes de consommation.

Un projet aux contours incertains
Cette réforme intervient dans un climat politique instable. La récente chute du gouvernement Barnier a laissé place à une période d’incertitude, ce qui pourrait ralentir l’adoption de cette mesure.
Toutefois, la ministre du Commerce, Véronique Louwagie, entend bien faire avancer ce projet avant la fin de l’année 2026. Son aboutissement dépendra des débats à l’Assemblée nationale et des arbitrages politiques à venir.
Prolongation des mesures exceptionnelles
En attendant la mise en œuvre de cette réforme, l’autorisation exceptionnelle permettant l’utilisation des tickets restaurant pour l’achat de denrées alimentaires non directement consommables (viande, farine, huile…) est prolongée jusqu’à fin 2026. Mise en place durant la crise sanitaire, cette mesure avait pour but de soutenir le pouvoir d’achat des ménages face à l’inflation.
Une refonte qui pourrait redéfinir l’usage des titres restaurant
Si ces changements sont adoptés, ils transformeront profondément la manière dont les tickets restaurant sont utilisés.
En cherchant à encourager la fréquentation des restaurants tout en tenant compte des nouveaux modes de consommation des salariés, le gouvernement tente de concilier des intérêts parfois opposés. Il reste à voir si ces ajustements répondront aux attentes des différentes parties concernées.